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Coup de coeur:Gainsbourg ,l’histoire d’un grand monsieur. |
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| Écrit par Matthieu BADILLET | |||||||||
| Samedi, 23 Janvier 2010 00:00 | |||||||||
Avec « Gainsbourg (vie héroïque) », son premier film sorti mercredi, Joann Sfar oublie l'académisme et signe une fiction libre, impertinente et originale, à l'image de son modèle. Une très bonne nouvelle pour le cinéma français
Un pari difficileAprès Piaf, Coluche, Mesrine et bientôt Romy Schneider et Montand, voici qu'un autre « monument » national renaît sur grand écran. Son nom : Serge Gainsbourg, un homme dont la vie et l'œuvre interdisait sa réalisation en images. Mais depuis le succès de « La Môme », le biopic (biographie en image) made in France est devenu un genre à part entière. Tout cela pour le plus grand plaisirs des producteurs (la biographie filmée se vendant fortement bien aux chaînes de télévision) et des décorateurs du tournage, totalement excités à l’idée de réinventer une époque, et bien sûr des protagonistes. Un film au scénario très réussi Si ce style de film ne nous donne pas souvent l'occasion de s'enthousiasmer, certains longs métrages échappent aux pièges de la reconstitution dite « poussiéreuse ». C'est le cas de « Gainsbourg (vie héroïque) ». Le premier essai du dessinateur Joann Sfar (l'auteur du célèbre « Chat du rabbin », dont il réalise en ce moment même une version film d'animation) confirme que les metteurs en scène sont parfois très inspirés, notamment en allant farfouiller dans le passé. Plutôt que de retracer, façon grande saga académique, le parcours de son personnage du premier au dernier souffle, Sfar adopte des choix radicaux dans la bio de Gainsbourg. Il refuse donc l’idée d'emprunter les voies de la reconstitution et préfère plutôt nous montrer les moments phares de la vie de Serge Gainsbourg. « Un conte de Joann Sfar », indique le sous-titre du film et franchement, on ne saurait mieux dire. Un héros fascinant Le Gainsbourg façon Sfar ? Il est, avant tout, un garçon timide qui, grâce à quelques mentors et maîtresses, fait son trou dans Paris et dans son microcosme musical. Une fois les premiers succès garantis, Gainsbourg ne cessera plus de cavaler, en quête de nouvelles aventures mélodiques, de sentiments inédits, et d'expériences aux provocations variées. En toile de fond, des décennies et des modes défilent. Un répertoire musical inégalable les accompagne, qui absorbe les influences les plus diverses et les réinvente. Tout y passe, des premiers monuments (Le Poinçonneur des lilas) aux derniers (Love on the beat). En chemin: les concept-albums, qui «scalpent» la chanson française, notamment la « Marseillaise » version reggae, qui fit grand scandale, notamment lors d'un concert où les paras se sont chargés de rappeler à Gainsbourg qu'on ne badine pas avec l'hymne national. Un cinéaste au grand talent Preuve supplémentaire de l'inspiration du cinéaste, les choix radicaux du casting. Plutôt que de choisir un acteur « bankable » pour jouer Gainsbourg, Sfar a souhaité qu'Eric Elmosnino incarne le personnage principal. Incarner ? Pour une fois, le mot n'est pas trop fort car le comédien, plus connu jusqu'alors pour ses prestations théâtrales, est absolument bluffant dans son rôle. L’arrogance affichée par Gainsbourg dans toutes ses prestations médiatiques est reconstituée à la perfection, avec énergie et dynamisme. De ce fait, c'est surtout dans les scènes intimistes, plus émouvantes et fragiles, que l'acteur étonne et touche… Du très grand art, à l'image d'un film qui pourtant ne cesse de prendre des risques. La fidélité à Gainsbourg est bien présente dans ce nouveau « conte » de Sfar, cachée dans ce refus de la sagesse et ce mépris pour les hommages compassés. De toute beauté, ce film en surprendra plus d’un et fera beaucoup parlé de lui, tout comme le héros de ce long métrage.
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Avec « Gainsbourg (vie héroïque) », son premier film sorti mercredi, Joann Sfar oublie l'académisme et signe une fiction libre, impertinente et originale, à l'image de son modèle. Une très bonne nouvelle pour le cinéma français
Un pari difficile
