Vous Etes Ici :
Rétrospective Ben:Ou l’épicerie à gogos. |
|
|
|
| Écrit par Valéry Falstrade | |||
| Dimanche, 14 Mars 2010 17:09 | |||
Quand Paris et Strasbourg honorent Soulages, Lyon expose BEN ! Et c’est au MAC, espace cultuel acronyme qui toujours promet le plaisir et n’offre jamais que l’amertume.Voici la rétrospective BEN Et « rétrospectiver » BEN c’est discourir de l’artisanat de la roue dans les empires précolombiens. 3 niveaux d’escaliers vides, de combles et d’alcôves enjouées, pleines de quelque chose qui ne s’avère rapidement rien, mais communiquant comme Tout. Une épicerie dont le demi-sel d’hier diffère peu De la citrouille d’aujourd’hui, quand BEN nous refait, quelques décennies plus tard, le coup de Manzoni : une « merda d’artista », mais à l’aune lyonnaise. Et le MAC d’en encaisser langoureusement la plus value. Et voici BEN : Le bruit et le bla-bla. Et l’effeuillage d’un gogo-penseur. Au premier : la cervelle, BEN en Zébulon du lieu commun. Tournicoti de l’art tout à l’art rien, tournicoton de je suis bien à je suis mal. Puis BEN ou le journal de Bridget Jones érigé en discount de la pensée. Tout cela en jolie calligraphie de couleur sur des toiles grandes, petites, belles, moches, en long, en large, en haut, en bas. De profondes sentences, c’est son fond d’atelier :Ici « Il n’y a pas d’art, rentrez chez vous. » et les bonobos de s’ébaudir (nous savons un notable de province, bobo sur le retour relié plein cuir, qui vit BEN comme d’autres s’habillent Johnny). Ailleurs « les musées ne servent à rien » et c’est l’investissement moral (moral, oui oui) du MAC qui s’en prend un coup. Et toutes ses belles phrases ne sont à la créativité que ce que l’Almanach Vermot est au trait d’esprit : une banale contrepèterie. Puis au détour d’une salle, foin des réflexions, vive l’action. Et voici BEN en happenings photographiés: et là où d’autres y pensent créer, notre BEN crache, pisse, lit, tend le pinceau, le pose, fait coucou de la main, s’ennuie et part. Ou le MAC comme émission 3D de téléréalité. Au second : les oripeauxOu BEN intime : le lit, les bancs, l’alcôve, le sexe bien sur, le lucre, évidemment, toujours ces idées reçues sur la culture, les peuples, l’impérialisme, la vie, la mort, les 7 péchés capitaux en somme. Et BEN a tort, le musée sert bien à quelques chose : lui permettre de cracher dans la soupe. Et bricoler : montages, démontages, étalages, duty-free pour gogos incurables et hébétés, souffrant à jamais du syndrome de Marcel D…, à prendre sans rémission possible les pissotières pour des fontaines. Hélas pour le MAC, naïvement émoustillé, la maison de BEN n’est pas la Maison du Chaos, Elle n’est qu’un avatar saint-sulpicien de ce jouet d’enfant à haute résonnance sentimentale, toujours décliné jamais varié : la maison de la Poupée, les habits de la Poupée, la Poupée pense, la Poupée dit, la Poupée peint. Et cependant le décideur du MAC de bien se hausser du col, pauvre homme-girafe logophallique de son Zoulouland du nouveau-rien. Au troisième, enfin nu et flasque BEN s’en bat les couilles. Et le MAC se prend pour Art-Basel.Une cage avec « rien », le fou-rire d’un crocodile à pile, un plot pour l’endroit de vérité, une chaise en noir et le tout à l’avenant. Puis Ben livre son expérience lyonnaise, décore un mur de mots peints Et sa logorrhée enfin épuisée, il fait l’avion, Alors voilà : nous échangeons tout BEN, et le MAC en prime, pour une « colours beginning » de Turner et 20 minutes de vide.
|






Quand Paris et Strasbourg honorent Soulages, Lyon expose BEN !
Et c’est au MAC, espace cultuel acronyme qui toujours promet le plaisir et n’offre jamais que l’amertume.
Au second : les oripeaux