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Hommage de fin d’année à ceux qui ont vu s’éteindre leurs projecteurs en 2011.
Steve Jobs (1955 – 2011)
Steve Jobs, est décédé le 5 octobre 2011 des suites d’un cancer, à l’âge de 56 ans. L’emblématique co-fondateur d’Apple (en 1976), avait lâché les rennes de l’entreprise le 24 août dernier. Depuis plusieurs années, il souffrait de problèmes de santé. Il avait subi une greffe de foie il y a deux ans et avait survécu à un cancer du pancréas en 2004. En 2009, déjà, il s'était absenté pendant plusieurs mois pour raison de santé. Evincé d’Apple en 1985, il avait créé NeXT et racheté Pixar qu’il revend en 2006 à Disney. En 1997, Jobs reprend les rennes d’Apple. Un dirigeant exigeant qui améliore des produits comme l’iPod, iTunes et plus tard l’iPhone et l’iPad. On a tous un peu de son ingéniosité entre nos mains. La pomme a perdu de précieux pépins.
Amy Winehouse (1983 – 2011)
Pour Amy Winehouse, reine de la soul à la voix old school, le rideau s’est fermé le 23 juillet dernier. Retrouvée morte à son domicile londonien, elle était connue pour ses problèmes de toxicomanie et d’alcoolisme. Deux maux qui ont fait toute sa médiatisation mais ont occulté ce qu’elle avait de plus précieux : son talent. Révélée en 2006 par la chanson «Rehab», Amy Winehouse avait obtenu en 2008 quatre Grammys Awards, la plus prestigieuse récompense musicale américaine, dont celui de la meilleure nouvelle artiste et du meilleur album. Une blanche, anglaise, juive qui a su prouver qu’emmener la soul, le jazz et le blues au sommet n’était pas affaire de mélanine. Trash dans la presse people mais glamour sur chaque note. Sa choucroute, son maquillage et sa stature filiforme auront su marquer, la désespérance en filigrane.
Peter Falk (1927 – 2011)
Décédé le 23 juin à l’âge de 83 ans à son domicile de Beverly Hills, l’acteur américain a succombé à une longue maladie. Peter Falk est pour beaucoup d’entre nous l’inspecteur Colombo. Son imperméable beige usé, son cigare, ses mimiques et son si célèbre « Juste une dernière chose ». Il aura incarné 69 fois entre 1968 et 2003 le policier nonchalant si attachant. Peter Falk aura joué dans une soixantaine de films, notamment Les ailes du désir de Wim Wenders et Une femme sous influence de son ami John Cassavetes. Le policier à l’humour mordant a mis au placard son trench délavé laissant derrière lui notre Colombo et sa carrière sur grand écran.
Elizabeth Taylor (1932 – 2011)
L’actrice anglo-américaine, Elizabeth Taylor, nous a quittés le 23 mars à l’hôpital Cedars-Sinaï de Los Angeles. En 2004, elle avait révélé souffrir d’insuffisance cardiauqe. Légende d’Hollywood, la belle brune débute à 10 ans avec Fidèle Lassi. Son petit accent anglais lui donne une note de charme en plus, ce qui lui permet d’obtenir ce premier rôle. Elle avait reçu deux Oscars pour ses rôles dans La Vénus au vison et Qui a peur de Virginia Woolf ? Un demi-siècle de carrière avant de se faire plus rare en raison de problèmes de santé. Mariée huit fois avec sept maris différents (deux fois avec Richard Burton), Elizabeth Taylor a emporté avec elle un pan entier du mythe hollywoodien.
Annie Girardot (1931 – 2011)
L’actrice française Annie Girardot est décédée le 28 février 2011 à l’hôpital Lariboisière à Paris, atteinte depuis des années par la maladie d’Alzheimer. En 31, elle entre au conservatoire de Paris après son bac et des études d’infirmière à Caen. En 54, avec deux prix de comédie dans ses bagages, elle intègre la Comédie-Française pour interpréter notamment La Machine à écrire en 1956 aux côtés de Robert Hirsch. Parallèlement, elle fait ses débuts au cinéma. En 74, elle connaît un triomphe avec Madame Marguerite qui devient son rôle fétiche qu’elle reprendra jusqu’en 2002. Actrice la plus populaire des années 70, elle connaît au cours de sa vie une carrière en dents de scie. Malgré tout, elle aura su marquer mettant sa gouaille au service de films où, souvent, les femmes étaient à l’honneur.
Marie-France Pisier
A de 66 ans, l’actrice française Marie-France Pisier est décédée à son domicile dans la nuit du 23 au 24 avril, à Saint-Cyr-sur-Mer dans le Var. Son corps a été retrouvé par son mari dans leur piscine. Repérée par Truffaut, elle débute sa carrière en 62 dans L’Amour à vingt ans. Très vite, elle est très demandée au cinéma. Après des films de genre de Robert Hossein, elle devient peu à peu l’égérie du cinéma d’auteur de Robbe-Grillet, Buñuel, Rivette et surtout André Téchiné. Grâce à lui, elle obtient deux fois le César du meilleur second rôle pour Souvenir d’en France et Barocco. Aussi récompensée pour Cousin, cousine de Tacchella, c’est de cette manière qu’elle accède à Hollywood. Dans les années 90, on la retrouve dans un de ses plus beaux rôles dans Marion de Manuel Poirier. En 2007, elle est doublement nommée aux Césars pour Pardonnez-moi, de Maïwenn. L’actrice était aussi une intellectuelle engagée dans les combats de son époque. Déjà là à Nanterre en 1968, elle fut aussi l’une des signataires du Manifeste des 343 salopes de Simone de Beauvoir. Pardon pour les gros mots.
Andrée Chedid (1920 – 2011)
Femme de lettres et poète française d’origine libanaise, Andrée Chedid est décédée le 6 février à Paris. La romancière, mère de Louis Chedid et grand-mère du dit –M– était atteinte de la maladie d’Alzheimer. En perpétuel questionnement sur la condition humaine et le lien entre l’Homme et le monde, elle a toujours exprimé dans son œuvre l’amour de la vie tout en ayant pris conscience de sa précarité. Libanaise, elle évoque aussi l’Orient, soulignant tous ses parfums et s’attache aussi à écrire sur la guerre au Liban. En 2009, elle est grand officier de la Légion d’honneur. André Chedid a publié une vingtaine de romans et de recueils de nouvelles tandis que son œuvre poétique est réunies dans les volumes Textes pour un poème et Poèmes pour un texte. Elle a également écrit des livres pour enfants, pièces de théâtre et chansons pour son fils et son petit fils. Maman, maman de Louis Chedid et Délivre de Mathieu Chedid viennent mettre un point final musical à sa vie de lettres.
Cesaria Evora (1941 – 2011)
La Diva aux pieds nus, surnom dû à son habitude de se produire pieds nus en soutien aux sans-abri, femmes et enfants pauvres de son pays. Elle est décédée le 17 décembre à l’âge de70 ans à l’hôpital Baptista de Sousa à Sao Vincente au Cap-Vert, sa ville natale. Une insuffisance respiratoire qui la suivait depuis des années suite à un accident vasculaire assez sérieux en 2008 lors de sa tournée australienne. 16 albums et des centaines de chansons qui ont fait d’elle une emblême dans son pays, tant elle a su popularisée la morna de sa voix rauque, musique du Cap-Vert auprès du grand public mondial. On retient l’immense Sodade de 1992, début de son succès tardif. Le gouvernement capverdien a décrété un deuil national de 48 heures au moment de son décès.
DJ Mehdi (1977 – 2011)
Mehdi Favéris-Essaidi, de son vrai nom est décédé à Paris le 13 septembre. Un chute malheureuse d’une mezzanine sur laquelle se trouvait le producteur et ses amis l’entraînant dans une chute de plusieurs mètres. Une chute qui nous aura coûté un magicien des platines. Dj Mehdi découvre la musique par son père qui collectionne les disques. Influencé par Prince, Michael Jackson, Madonna, la musique arabe et Public Enemy, il commence à mixer vers 12-13 ans. C’est à partir de 90 que son nom apparaît sur les pochettes d’artistes hip-hop qu’il produit : Ideal J, 113, Assassin, Rohff… En 2002, son premier album The Story Of Espion fait appel à Diam’s et Rim K. Progressivement, il se tourne vers l’électro et est signé en 2006 par le label Ed Banger. DJ Mehdi fait incontestablement partie de ceux qui ont permis à la scène urbaine française d’être particulièrement reconnue dans le monde. Nés de ses influences hip-hop et electro, on se souviendra de l’originalité et de la puissance de ses sons.
Vaclav Havel (1936 – 2011)
L’homme d’Etat tchécoslovaque puis tchèque aussi dramaturge et essayiste est décédé le 18 décembre à l’âge de 75 ans. Il était affaibli depuis cinq mois par une infection pulmonaire, ayant une santé fragilisée par les cinq années passée, avant 1989, dans les geôles communsites. Emblème de la Révolution de velours, Vaclav Havel est un des artisans de l’Etat tchèque moderne. A Prague, en 1989, il est un pilier de la révolution de Velours qui permet à son pays de mettre fin sans violence au joug soviétique. Il a été le premier président de la Tchécoslovaquie post communiste puis de la République tchèque emmenant son pays sur le chemin de la démocratie. C’est un politicien atypique qui nous a quitté, souvent surnommé le « président-philosophe », sa vie a été qualifiée d’« œuvre d’art » par Kundera.
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