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Lyon : l’inceste, des mots le dire |
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| Écrit par Frédérique ROLAND | |||
| Lundi, 15 Mars 2010 21:41 | |||
L’inceste est sans doute l’une des atteintes sexuelles les plus difficiles à verbaliser. Le Collectif français des victimes de l'inceste (CFVI) vient d’ouvrir un espace de paroles sur le département du Rhône. L’inceste : un abus sexuel tabouLe petit Larousse définit l’inceste comme l’union illicite entre parents à un degré pour lequel le mariage est interdit. Curieusement, il n’est pas explicitement définit par le code pénal. Lorsqu’une victime d’inceste veut saisir la justice, elle le fera pour viol ou comme agression sexuelle, avec circonstances aggravantes puisque commis par ascendant légitime, naturel ou adoptif ou par toute personne ayant autorité. Cela traduit bien la chape de plomb qui pèse encore sur cette atteinte, si particulière, à l’intégrité physique. L'inceste est une relation à caractère sexuel entre des membres d'une même famille: père,fille, père,fils, mère,fille, mère,fils, frère,soeur, oncle, tante, cousin, cousine, grand-parent... ou toute personne ayant autorité parentale sur l'enfant comme le beau-père, la belle-mère ou le concubin, la concubine... Il s'agit d'attouchements et/ou d'actes de pénétration sexuelle (vaginale, anale, buccale) par organe sexuel, doigts, ou au moyen d'un objet. Si la prohibition de l’inceste est présente dans la quasi-totalité des cultures, elle n’en demeure pas moins un sujet tabou. Il n’existe aucune statistique en France permettant de mettre un chiffre sur ces victimes qui demeurent longtemps et quelques fois toute leur vie dans l’ombre et le silence. La victime, qu’elle soit enfant ou adolescente, se sent prise au piège de relations familiales qui souvent empêchent la révélation de peur de ne pas être crue, de ne plus être aimée, d’être rejetée de la fratrie. L’agresseur use et abuse de ces sentiments contradictoires qui induisent le silence. Révéler un inceste est un acte qui s’accompagne de souffrances, de doutes, de honte. Mettre des mots sur ces actes s’avère une véritable épreuve. Collectif français des victimes de l'inceste (CFVI), fondé il y a 1 an par une victime, est en mesure d’apporter une aide dans ce cap si difficile. CFVI : le pouvoir des mots Romain a 36 ans, il fût victime pendant toute son enfance. Lorsque adulte, il a décidé de briser le silence et de révéler son calvaire, il a rencontré de multiples difficultés. La première fût celle de trouver des personnes à qui se confier : pas des professionnels de la santé ou de la justice. Il cherchait, d’abord, une oreille compréhensive. C’est la raison pour laquelle il a fondé le Collectif français des victimes de l'inceste CFVI. Dans plusieurs agglomérations des espaces de paroles ont vu le jour. Ils sont animés par des victimes. Ils ne proposent pas de thérapie, ne substituent en aucune façon au corps médical ou judiciaire. Ils se définissent comme un lieu où chacun (victime, parent ,conjoint, ami de victime) se retrouvent pour parler en étant sûr d’être compris, entendu dans leur souffrance et leurs difficultés à l’exprimer. Un espace à été crée à la fin de l’année dernière. Il est animé par Julie Pompougnac, une jolie et dynamique jeune femme de 28 ans, mère de deux enfants. Julie fût victime de 6 à 12 ans de viols par son cousin qui a 9 ans de plus qu’elle. Elle connait le cataclysme provoqué par la révélation de l’inceste au sein d’une famille nombreuse et très proche. Elle a mené son combat, porté plainte, vécu un procès et a finalement réussi à se retrouver, à se réconcilier avec la petite fille qu’elle était et construire son bonheur. Son expérience lui permet de trouver les mots justes que seuls ceux qui ont vécu ce drame appréhendent et l’empathie nécessaire pour épauler toute personne qui veut en tout anonymat venir parler de « son problème ». Elle organise une réunion par mois, le samedi à 14 heure. Elle conseille d’aller sur le site communautaire qui propose de l’actualité, des témoignages et un espace de communication. L’important pour elle, c’est d’écouter, d’échanger, de se sentir compris et de rompre l’enfermement pour enfin commencer sa reconstruction et retrouver le bonheur après l’horreur CFVI Rhône Julie Pompougnac Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. 13 rue J Volay 69210 ST Bel Le site CFVI
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L’inceste est sans doute l’une des atteintes sexuelles les plus difficiles à verbaliser. Le Collectif français des victimes de l'inceste (CFVI) vient d’ouvrir un espace de paroles sur le département du Rhône.
L’inceste : un abus sexuel tabou