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Lyon : le centre Léon Bérard veut initier le sein social

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Écrit par Frédérique ROLAND   
Mardi, 23 Février 2010 18:07
Une mastectomie est une véritable épreuve physique et psychologique pour une femme. Le centre Léon Bérard veut développer un programme tendant à aider la patiente à retrouver sa féminité.
Surmonter le choc
40 000 femmes en France sont atteintes chaque année par un cancer du sein. Dans un certain nombre de cas, la mastectomie ou l’ablation totale du sein ne peut être évitée. Outre le traitement, la douleur, l’angoisse de la maladie, la patiente  doit vivre avec un nouveau corps synonyme de mutilation et de souffrance. Comment l’accepter, vivre avec et envisager une reconstruction ? Les premiers ressentis sont souvent le rejet de ce corps que l’on ne reconnait plus, marqué à jamais par les stigmates  de la maladie. Si l’équipe médicale gère toute la phase soin impliquant l’opération, les traitements, l’appréhension de la reconstruction, rien n’est proposé à la patiente dans l’accompagnement et l’acceptation de soi afin de se réapproprier une féminité qu’elle croit définitivement disparue. Beaucoup de femmes ne se sentent pas capables d’envisager une reconstruction qui pourrait intervenir dans les deux années qui suivent la mastectomie. Le centre Léon Bérard veut initier un protocole tendant à redonner au décolleté social (celui qui est visible en société) toute sa valeur aux yeux de la patiente par une attention esthétique. L’approche, qui n’est plus médicale ni psychologique, fait appel au ressenti.  Une socio-esthéticienne réapprend le toucher qui conduit doucement à la réappropriation de son physique, à l’acceptation de ce nouveau schéma corporel.

Retrouver sa féminité
Ce projet vise à améliorer la qualité de vie de la patiente après la mastectomie et à la préparer à une reconstruction.  Agnès Arquillière, socio-esthéticienne, travaille déjà au centre Léon Bérard et fait découvrir aux malades le plaisir d’un soin esthétique, d’une manucure, d’un massage. Elle a pu apprécier les bienfaits psychologiques de cette approche non médicale. Consciente que l’acceptation de l’ablation du sein est difficile, elle a bâti en collaboration avec la directrice des soins infirmiers du centre Léon Bérard, Anny Talon et l’équipe médicale du Professeur Delay, chirurgien plasticien, le service de sénologie,  le projet baptisé « sein social » qui repose sur une étude menée auprès de 45 patientes mastectomisées qui ont volontairement suivi 5 séances de soins socio-esthétiques de 1 heure 30 et répondu au fil des séances à un questionnaire. Il apparait clairement que les femmes apprenant à poser un maquillage correcteur, à pratiquer des soins du buste retrouvaient leur féminité, étaient plus attentive à leur corps, redécouvraient le plaisir de s’occuper d’elle avec empathie, arrivaient à faire le deuil du sein perdu et envisageaient une reconstruction. Ce projet poursuit plusieurs objectifs : aider la personne à réinvestir sa vie familiale, sociale, professionnelle ;  augmenter la phase de reconstruction, prévenir les risques de complications et induire une réduction du coût global de l’hospitalisation.   
     

Là où le bât blesse, c’est le financement du projet. Les fonds de Léon Bérard sont exclusivement attribués à des initiatives thérapeutiques et en ces périodes d’économies drastiques exigées par l’état, l’exception n’est même pas envisageable. Il ne reste plus que l’appel à des fonds extérieurs. Anny Talon sollicite d’ores et déjà divers sociétés et associations pour trouver  environ 22 000 euros pour financer  le poste pendant 18 mois.
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